Dimanche 21 avril 2019

La Résurrection du Seigneur – Année C



« Voici le jour que fit le Seigneur,

qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! »
 



Avant de parler de Résurrection, les femmes et les hommes qui seront les premiers apôtres de cette bonne nouvelle constatent une absence. Le tombeau où ils ont vu déposer le corps de Jésus, le soir du Vendredi Saint, est vide. Un certain nombre de signes vont cependant garder en éveil l’espoir des disciples de revoir celui en qui ils avaient mis leur confiance.


Il y a pour les femmes le signe de la pierre roulée, pourtant très lourde. Il y a les draps mortuaires trouvés au tombeau. Il y a les premières annonces de la Résurrection venant, selon l’évangéliste, de messagers célestes : anges ou hommes. Bien qu’en grand nombre, signes et annonces venant des messagers célestes ne suffisent pas à rendre compte de la nouveauté qui est au cœur de la foi chrétienne. Car, rappelons-le, si l’acte de foi des trois grandes religions monothéistes se rejoignent, seuls les chrétiens croient à la Résurrection du Christ. Résurrection qu’ils ne confondent avec un quelconque retour à la vie terrestre – comme dans le cas de certains miracles racontés dans la Bible – ni comme une sorte de continuation de la vie de ce monde, dans l’au-delà, comme par exemple pour Hénoch et Isaïe qui sont entrés dans la vie céleste sans connaître la mort.


Aujourd’hui, des courants de sagesse venant d’Orient parleraient de réincarnation. Autant dire que ni les sagesses humaines, ni les religions ne sont en mesure de pouvoir rendre compte de ce qui est au cœur de la foi chrétienne. Nous serions, évidemment, dans l’erreur si notre acte de foi reposait uniquement sur une définition de la Résurrection. Plus humblement, nous nous contentons de proclamer, avec le credo de l’Eglise, que le troisième jour Jésus est ressuscité d’entre les morts comme il l’avait annoncé. De la Résurrection, nous ne pouvons pas dire grand chose de plus sinon faire nôtres les témoignages parvenus jusqu’à nous des premiers témoins du matin de Pâques. Des signes et annonces qui sont là, non pour expliquer l’inexplicable mais pour nous proposer d’entrer, à notre tour, dans la démarche de foi que Jésus va indiquer à ses disciples. Les chrétiens, allons-nous découvrir avec les disciples du Seigneur, ne sont pas des adeptes d’une définition de la Résurrection mais des croyants en Jésus, le Vivant.


La grande transformation par laquelle les premiers disciples – hommes et femmes – vont passer est celle que Jésus propose à tous ceux qui viennent à lui et donc à nous aujourd’hui. Il s’agit essentiellement de passer du besoin de preuves à l’accueil de la présence de Jésus, le Vivant. De même que par le passé le peuple hébreux a fondé son acte de foi sur l’expérience historique du Dieu de l’Alliance marchant avec eux pour les conduire jusqu’au pays de la promesse, le peuple nouveau, l’Eglise, né de la Pâque du Seigneur, croit en Jésus ressuscité conduisant son peuple, par les chemins de ce monde, vers la plénitude du Royaume.


Après la Pâque de Jésus et l’annonce de sa résurrection, la foi en Dieu est un chemin de vie sur les pas de Jésus. Les croyants de la nouvelle Alliance proclament leur foi en Jésus ressuscité en vivant de sa présence et en sa présence. C’est cette bonne nouvelle de Jésus vivant, présent et agissant qui bouleverse ses disciples et va faire d’eux de nouveaux croyants qui vivent de Jésus, par lui et avec lui pour l’accomplissement du plan de Dieu concernant les peuples et nations de la terre. De même que pendant quarante jours, le temps du Carême, nous nous sommes préparés spirituellement à fêter la victoire de Jésus sur la mort, de même aurons-nous l’occasion durant les prochains quarante jours l’occasion de renouveler notre acte de foi en Jésus ressuscité.



Aidés par le témoignage des premiers disciples. Témoignages lus, jour après jour, jusqu’à l’Ascension et soutenus par l’Eglise nous serons invités à revenir à la source de notre acte de foi : Jésus ressuscité. Le Vivant pour les siècles. C’est lui Jésus qui, en ressuscitant d’entre les morts, met debout tous ceux qui viennent à lui dans la foi et l’espérance. Désormais, le croyant est celui qui se laisse relever. Le croyant est celui que le Christ met debout et à qui il donne vie. Dès lors, notre acte de foi n’est pas une adhésion verbale à l’idée que l’on peut se faire de la Résurrection mais, par grâce, une participation à la vie du Ressuscité.


Le Seigneur nous unit à sa victoire sur la mort. Grâce au Christ et en lui nous sommes des ressuscités. Notre vie présente, bien qu’alourdie par le mal et le péché, est vivifiée et sanctifiée par la victoire du Seigneur. La création toute entière, malgré toutes les menaces qui pèsent sur elle, vit dans l’espérance d’avoir part à la Résurrection des fils de Dieu que nous sommes.

En ce Saint Jour, après avoir entendu et accueilli l’heureuse nouvelle de la Résurrection du Seigneur, entrons dans la joie et la lumière de Pâques. Par la volonté de Dieu, la Résurrection du Christ est notre Résurrection.

                                                          Vivons en ressuscités.


 





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